Adélaïde Hautval travaille comme interne à l’hôpital de Vauclaire, asile d’aliénés, du 1er février 1940 à novembre 1941. En 1939 le nombre de pensionnaires s’élève à 1450. Peu après l’arrivée de Haïdi, le 8 avril 1940, 300 malades évacués de l’hôpital de Stephansfeld, dont des aliénés criminels sont transférés dans cet hôpital. Les conditions y sont effroyables : surpopulation, pénuries, manque de personnel. Apprenant qu’un poste est vacant à l’hôpital de Lannemezan, elle pose sa candidature et intègre cet établissement dès la fin novembre 1941. Là aussi la situation est très difficile : en 1939 309 décès sur 732 patients et en 1942 120 sur 693, ces chiffres laissent imaginer quelles devaient être les conditions. Son directeur, le professeur André Baudard écrit dans son rapport moral de 1941 :

S’est installée, petit à petit, une manière absolument contraire à une administration prévoyante, celle de vivre « au jour le jour », d’achats glanés de-ci, de-là, au hasard des indications ou renseignements reçus. L’hôpital vit maintenant sans réserves, sans stocks et sans garantie d’avenir. La même pénurie existe pour tous les autres achats: vêtements, literie, lingerie, matériaux d’entretien.

Après son arrestation la 30 mai 1942, l’hôpital va chercher à la faire libérer en vain, ses collègues de Vauclaire s’inquiètent également…